Mise en scène : Vincent Dussart
Scénographie : Frédéric Cheli
Lumières : Jérôme Bertin
Costumes : Rose-Marie Servenay
Avec :
Louis-Marie Audubert, Jean Barney, Fabrice Cals, Xavier Czapla, Alain Courivaud, Patrice Gallet, Rachel Mateis, Denis Mathieu, Ali Meziti,
Sophie Torresi.
Production : Compagnie de l'Arcade
en convention avec la ville de Saint-Quentin
et le Conseil Régional de Picardie,
et avec le soutien du Conseil Général de l'Aisne
et du Rectorat d'Amiens /
DRAC Picardie / Adami
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Combats de possédés
de Laurent Gaudé
Le patron possède de l'argent et connaît le prix des choses. Il paie pour tout.
Pour qu'on le protège, pour qu'on le satisfasse, pour qu'on élimine ses ennemis et pour qu'on ensevelisse leurs corps, pieds et poings liés, dans le terrain vague.
Mais, soudain, face à l'assassin, il hésite : sa jeunesse l'effraie et il n'a ni allié, ni descendant.
Et voilà que le patron, ayant trouvé un fils de vingt ans, se décide à partager son empire, ses secrets, ses plaisirs. Il veut jouer au jeu du père et du fils. Etre généreux et bienveillant.
Devant cette proposition inattendue, l'assassin doit choisir : poursuivre son désir de vengeance ou accepter d'être l'héritier.
Laurent Gaudé
Les temps sont difficiles… mais est-ce vraiment nouveau ?
Le désastre est social, les succès financiers.Tout se joue à la bourse, où les ordres hurlés dans le palais couvrent d'autres hurlements au cœur desquels on entend la dérive du monde.
Qu'est-ce qui meut donc ces machines qu’on appelle "humains" et pour qui posséder est la valeur suprême ?
Combats de possédés est une tragédie moderne dont les composantes mythologiques seraient l'argent, le dieu-patron-tyran, l'esclave…
En interrogeant les relations humaines, en dénouant et renouant les liens familiaux, amoureux, sociaux, Combats de possédés va plus loin que la mise en cause de l'ordre du monde.
Il est une occasion d'éprouver notre vérité, de faire l'expérience de notre être.
Ici, le lien premier entre les personnages est l’argent. Il fausse les relations, comme les Dieux, dans la tragédie antique, truquaient la destinée du héros. C'est l'argent qui entretient la passivité face à la violence, à l'injustice du Patron. Le Patron-argent pourrait dire, comme le Jupiter des Mouches de J.P Sartre Tant qu'ils ont les yeux fixés sur moi, ils oublient de regarder en eux-mêmes. Si je m'oubliais un seul instant, si je laissais leur regard se détourner… Jupiter n'achève pas. Cette vérité de l'homme qu'il importe de ne pas lui laisser découvrir, c'est sa liberté, son esprit de révolte et non de servitude.
Le monde du Patron est régi par des règles où êtres et valeurs ne coïncident plus. L'être a disparu, il n’est plus défini que par sa fonction.
Seul le clandestin et la pute ont un prénom -ceux-là même qui sont dénués de toute existence sociale seraient-ils le plus proche de leur propre identité ? Ce sont eux qui terminent la pièce et qui peut-être s'en sortent. Les seuls aussi à accomplir un acte gratuit.
En quête de son identité, le héros mythique accomplit un voyage vers le passé, celui de son histoire personnelle. Dans Combats de possédés, le Patron a détruit le passé, l'a enseveli dans un charnier. Privé de ce rapport à l'intime, chacun s'affronte, recherche, s'invente une origine ou une descendance, un passé ou un futur. Chacun erre n'arrivant même plus à trouver l’entrée du labyrinthe.
Tout est chaos.
On entend plus que le bruit des combats.
Surgira-t-il quelque chose de cette fureur ?
Vincent Dussart
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