A l’origine du projet, il y a le désir d’explorer la relation entre l’être humain et le sentiment de honte. Dans la honte, le sujet perd tout soutien. L’angoisse majeure est alors, pour l’individu honteux, d’être exclu de la société avec une perte d’amour et d’intérêt. La honte fait peser une menace importante sur le psychisme de l’individu. Pourtant, elle est parfois considérée comme un moyen de sauvegarde de l’espèce – l’incapacité du jeune Inuit à marcher sur la glace est moqué par la communauté. Elle est aussi un moyen pour la norme de contrôler ce qui sort de cette prétendue normalité : honte est faite à la différence physique, sexuelle, sociale etc…

La honte est une émotion complexe avec des dimensions sociales, narcissiques, souvent secrètes, spirituelles et corporelles. Elle modifie la perception que le sujet a de lui-même tant psychologiquement que physiquement. L’espace scénique jouera avec ces modifications. Mêlant théâtre et arts numériques, il permettra une altération de l’espace en fonction des émotions ou des actions des individus sur scène.

Boris Cyrulnik – conférence « le théâtre intime de la honte »