« Qui de l’homme ou de la femme a été le premier infidèle en amour »

Pour interroger l’objet de la dispute survenue entre le Prince et Hermiane, « Qui de l’homme ou de la femme a été le premier infidèle en amour », le Prince offre en spectacle le résultat d’une expérience initiée 18 ans auparavant par son père.

Deux filles et deux garçons pris au berceau et dressés individuellement en vase clos vont pour la première fois se rencontrer et être confrontés à leur propre reflet : la cour et les spectateurs assistent alors à la reconstitution artificielle du commencement du monde et des premières amours.

Sentiment d'exister : ce soi qui ne va pas de soi…

En mettant en présence des adolescents élevés loin du regard des autres, Marivaux ne nous brosse pas le portait de l’enfant sauvage, il créé un dispositif qui met en jeu des êtres humains dont le sentiment d’exister a été mis à mal par l’isolement, et la conscience de soi perturbée.

En proie à une sensation de vacuité, les adolescents de La Dispute cherchent à se remplir de l’autre et de l’image d’eux-mêmes que l’autre leur renvoie. Sans construction égotique, ils dévorent leur reflet et s’y perdent. Ce dernier est démultiplié dans La Dispute : reflets dans la rivière, dans le miroir, portrait… Mais surtout, reflets dans le regard de l’autre, dans l’image fantasmée d’eux-mêmes qui leur est transmise.

Marivaux questionne donc la construction de soi au travers de la relation à l’autre : qu’est-ce qui se cache derrière le sentiment amoureux ? Qu’est-ce que révèlent les relations de dépendance qui lui sont associées ?

« Je » et « jeu »…

La mise en scène et le travail avec les acteurs consistent à faire ressentir ce trouble de l’ego, à donner à voir cette défaillance du sentiment d’exister.

Les personnages de La Dispute, fonctionnent tous selon le même schéma.

Ils apprennent tout d’abord à dire « je ». Puis la rencontre avec l’autre (le « vous ») fait vaciller leur conscience d’eux-mêmes, ils ne peuvent plus se définir, et disent « on ». Enfin ils fusionnent dans le « nous », et y perdent leur « je ».

De ce schéma relationnel est née une gestuelle – un geste est associé au « je ». Chaque personnage apprend le « vous » du « je » de l’autre – le « on » est une incapacité à bouger – le « nous » est l’association des deux « je ».

Il s’ensuit donc un travail quasi-chorégraphique né du trouble de soi où le ballet des rencontres vient perturber la conscience que chacun a de lui-même.

La presse en parle…
  • Zoom, s’il vous plaît. Zoom sur le théâtre des Lucioles qui présente à 21h, La Dispute, de Marivaux. Zoom sur Les Lumières, qui n’ont pas fini de nous éclairer. Zoom sur l’éclat du spectacle.

    Vincent Dussart s’attèle à sculpter l’abstraction, il y parvient à merveille. Il s’agit de donner vie à ce qui anime l’être humain dans sa quête d’existence, de reconnaissance. Il crée un univers épuré où les relations s’entrelacent et s’entrechoquent. Où la lumière vient heurter les êtres et les révéler à eux-mêmes. Où la gestuelle, l’expression corporelle tissent la toile des tensions, des contradictions et tentatives de libération.

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    Le Nouvel Obs / le Rideau.fr, Aurélia Reynaud : « Un joyau à l’état pur ! »
  • Un must du festival d’Avignon

    Une échappée vers ce qui nous touche viscéralement.

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    La Marseillaise, Estelle Honnorat
  • L’inconstance vient-elle de l’homme ou de la femme ? La Compagnie de l’Arcade s’empare de l’expérimentation psychologique imaginée par Marivaux et traque les troubles de l’ego.

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    La Terrasse, Catherine Robert
  • Terrible voyage initiatique qui témoigne de la complexité de la vie, de la formation de la personnalité, du trouble de l’ego, de la difficulté à passer du « je » au « nous » et au « vous », en même temps que de la facilité à rompre le pacte. Marivaux s’interroge ainsi sur l’amour (de soi et des autres), la confusion des sentiments, le piège du narcissisme, le désir sexuel, la tentation.

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    Marianne 2, Jack Dion
  • La mise en abyme de Marivaux est toujours aussi actuelle. Un spectacle émouvant, fort bien servi par ses interprètes et la mise en scène à la fois discrète et offensive.

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    Le Monde.fr, Evelyne Trân
Action culturelle :

Existe-t-on sans le regard de l’autre? Est-on libre sous le regard de l’autre ? Est-on dépendant du regard de l’autre? Doit-on se libérer du regard ?

En parallèle de la diffusion de La Dispute, L’Arcade propose à destination des lycéens le projet d’action culturelle (In)visibles.

Par le biais d’un atelier de pratique artistique, de la présentation d’une petite forme et d’un spectacle, L’Arcade propose d’ouvrir des espaces de réflexion, tant avec les élèves qu’avec les enseignants – des espaces de prise de conscience et de mise en pratique permettant à chacun d’interroger sa propre construction, l’élaboration de ses stratégies défensives, son rapport au regard de l’autre, l’implication de ce dernier dans notre propre construction.