« C’était comme ce fut toujours‚ le souvenir aujourd’hui que j’en garde‚ ce fut‚ le souvenir que j’en garde‚ une nuit très douce‚ très belle‚ une nuit très douce et très belle… »

Deux hommes, un comédien et un danseur, pour évoquer la difficulté d’être, et celle de se livrer – et malgré cela, l’immense consolation que peut être l’autre.

Dans Le Bain de Jean Luc Lagarce, un homme raconte ses dernières retrouvailles avec son amant malade du sida et proche de la mort. Le temps d’un week-end, ils vont se retrouver avec comme point culminant un bain, qu’ils prendront ensemble, qui va les apaiser et faire office d’adieu.

Le corps comme consolation face à l’absurdité de l’existence ? Face à l’angoisse de la mort, Le Bain nous propose une réponse très nietzschéènne : pas de salut de l’âme, pas « d’au-delà », mais une réalité bien terrestre : deux hommes dans un bain, occupés de leur corps, baignés de douceur et vivants malgré tout !

Extrait

« C’était comme ce fut toujours‚ le souvenir aujourd’hui que j’en garde‚ ce fut‚ le souvenir que j’en garde‚ une nuit très douce‚ très belle‚ une nuit très douce et très belle et le lendemain encore‚ une longue journée à ne plus rien faire‚ dans le lit‚ dans la chambre‚ et le lendemain‚ une bonne et longue journée‚ dans le lit‚ dans la chambre et un long temps‚ un long temps encore‚ tous les deux‚ nos corps trop longs‚ enlacés‚ dans le bain. »