« Tout est chaos.  La vie, c’est pas le paradis…« 

Khalifa, un gosse de Dakar, arrive tout droit au ciel et constate qu’au paradis, c’est la panique. Dieu s’est sauvé, il a décidé de faire du théâtre (aux enfers, mettre le feu aux planches !) et nul ne sait où sont les clés qui ouvrent les portes du paradis. Saint Pierre, Noé, Mahomet doivent lui trouver d’urgence un remplaçant. Ils pensent à son fils, c’est logique. Mais Jésus a trop de travail (les apparitions ça donne du boulot) et suggère un casting. Après tout, comme métier, Dieu, c’est pas sorcier.

La vie, c’est pas le paradis… Khalifa, après sa vie de « chien galeux », devient Dieu, un mercredi. Khalifa, le laissé-pour-compte, le gosse errant de Dakar, se révèle être celui qui grâce à son chant fait s’ouvrir les portes du paradis. Khalifa, c’est l’histoire du dernier qui devient le premier.

L’Enfant Dieu traite avec humour et décalage de la religion et des religions. On y rencontre dans un joyeux mélange Jésus, Noé, Mahomet, Bouddha, Saint François d’Assise, Saint Pierre, une nonne…

L’Enfant Dieu est une leçon de tolérance envers les idées des autres (le casting pour remplacer Dieu explore toutes les religions), les différences sociales (un enfant pauvre de Dakar devient Dieu), les capacités de chacun (le chant de Khalifa ouvre les portes du paradis)…

L’Enfant Dieu est plus encore un texte initiatique. Un enfant se réalise grâce à son don, après l’épreuve de la vie. L’Enfant Dieu est l’histoire d’un éveil.

Il me semblait intéressant de décaler encore plus le propos de Fabrice Melquiot.
Un grand tapis blanc à poil long délimite l’espace de jeu.
Un fauteuil en bois.
Jésus est une femme en robe fourreau et talons hauts, très chic.
Saint Pierre est une femme en blanc ainsi que Noé, Mahomet, Saint François.
Et la Bonne Sœur est un homme. Tout est sens dessus dessous au Paradis ! 

Seul l’enfant reste l’enfant. Celui par qui tout recommence.