Sophie Torresi dans La Revue d'après Sénèque

Le projet artistique

Le projet artistique, porté par le metteur en scène Vincent Dussart, interroge les modèles sociaux coexistant actuellement : Une société “utilitaire” dont la base est l’économie, permettant la satisfaction des besoins matériels des individus, face à une vision plus “intégrative” dans laquelle la société est le biotope où l’individu peut se développer. L’être humain se constitue par et dans cette vie en société qui a pour vocation d’entretenir son sentiment d’exister.

Le milieu naturel de l’être humain, ce sont les autres, la vie sociale. L’individu désocialisé voit son être même s’étioler. Nous n’existons pas, nous coexistons. L’existence sociale des êtres humains implique leur participation à plusieurs cercles, plusieurs petits biotopes : famille, amis, vie professionnelle, etc. Au lieu de concevoir les individus dotés par nature de leur propre être, nous pensons l’existence même de l’être humain comme inséparable de ces réseaux dont il est une maille, biotopes qui constituent son milieu de vie. Abîmer un de ces cercles, c’est abîmer l’être humain.

Le projet interroge donc ces biotopes, et ce qui peut les mettre à mal. 

Cycle 2019 – 2021

Les fantômes de l’intimité

On évoque les souvenirs comme on évoque les esprits. M. Merleau-Ponty

Nous sommes les enfants d’un temps long, mus par des mouvements profonds, anciens, quasi-tectoniques. L’histoire vit en nous, elle nous construit comme autant de couches sédimentaires, dont nous héritons, qui nous forment et que nous transmettons. Ces processus lents et longs nous échappent, traversant l’espace et les êtres de manière silencieuse et invisible. Ils n’en déterminent pas moins nos relations aux autres et à nous-mêmes, le regard que nous portons sur la vie.

Comme la mémoire individuelle, la mémoire collective n’est ni infaillible ni exhaustive. Elle est pourtant essentielle à la construction identitaire d’une société. La mémoire collective, c’est l’ensemble des représentations sociales du passé dans une société donnée, précise l’historien Denis Peschanski. Au filtre de cette mémoire ne sont retenus que les événements perçus comme structurants dans la construction de notre identité collective. Ainsi, des événements vécus par un nombre important de personnes n’en feront pas partie, et d’autres qui concernent une minorité mais sont porteurs d’un sens fort y seront intégrés. La mémoire collective n’est pas la somme algébrique des mémoires individuelles.

Le cycle est développé au niveau local par le biais de notre implantation en résidence longue à Soissons, et plus largement en Hauts-de-France. Cette implantation permet le développement d’actions avec les habitants (récolte de paroles, ateliers de recherche…) qui viennent nourrir les projets de création, permettent un vrai lien entre les artistes et les habitants.

La diffusion du répertoire de la compagnie, en lien avec cette thématique, est effectuée au niveau régional et national. La stratégie pour renforcer cette diffusion s’appuie sur des reprises longues à Paris et la participation au festival d’Avignon.

 

OPUS 1
Ma forêt fantôme de Denis Lachaud
création novembre 2020
Le texte est publié par Actes Sud-Papiers.
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