AUTOPSIE
D’UNE photo
DE FAMILLE

D’APRÈS PIERRE CRETON

Mise en scène Vincent Dussart

 

« C’EST UNE PHOTOGRAPHIE QUI,  À UN MOMENT, T’AS CHOQUÉ. PAS TOUT DE SUITE, JE VEUX DIRE PAS QUAND TU ÉTAIS ENFANT, MAIS PLUS TARD, VERS DIX-SEPT ANS. »

SYNOPSIS

Pierre retrouve une photographie de son enfance pauvre et rurale. Car la petite fille sur l’image, c’est bien lui, auprès de son père, de son oncle, et de son grand-père à peine rentrés de la chasse, posant tous ensemble autour du chevreuil fraîchement ensanglanté.

Cette image, Pierre la soumet successivement aux regards de sa mère, d’une amie psychanalyste, d’une photographe, d’un philosophe, d’une professeur, et d’un cousin.

Le secret de famille va alors peu à peu se dévoiler. Secret indicible, douleur niée, honte innommable et singulière, la dissimulation collective éclate à la lumière avec sa cohorte de conséquences bouleversantes. Déconstruire une image en forme de scène primitive pour mieux la mettre à distance, et comprendre comment le désir peut retourner la violence en une capacité de reconquête de soi.

Regards des autres, regards sur soi. Le point de départ d’une autre histoire de honte, où l’identité plonge ses racines au plus profond de la violence, d’une violence politique, sexuelle et familiale.  

GÉNÉRIQUE

TEXTE d’après Pierre Creton Une honte, essai sur une image de soi, Le Gac Press • MISE EN SCÈNE Vincent Dussart • DISTRIBUTION En cours

MENTIONS OBLIGATOIRES

Production :
Compagnie de l’Arcade

Recherches de partenaires en cours

 La Compagnie de l’Arcade bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Hauts-de-France, au titre de l’aide à la compagnie conventionnée.

INTENTIONS

Quelle représentation donner à ces paroles ? Toute reconstitution est impossible, toute image naturaliste aurait sa part de vulgarité. Toute tentative de débordement émotionnel résisterait au réel.

Une image vaudrait mille mots. Ainsi le théâtre pourrait se contenter de montrer la violence et aurait atteint son but. Or, ce dont nous avons le plus besoin, pour déchiffrer le monde, c’est justement des commentaires ! D’une certaine manière, l’image empêche alors d’imaginer. L’art, au contraire, doit contribuer, par l’imagination, à convoquer notre jugement, c’est-à-dire l’esprit de discernement. La transposition, la suggestion, l’évocation sont plus à même d’y arriver que la monstration réaliste de la violence. Il s’agit donc ici de transposer, de convoquer l’imaginaire, de créer du décalage.

Un espace scénique clinique : une grande table de conférence en verre, les sept protagonistes sur des fauteuils identiques – fauteuils de bureau à dossier haut, un peu trop grands pour eux.elles. Des micros sur pieds posés devant chacun d’eux.elles.

Derrière eux, un grand cadre fait contraste : il est particulièrement orné comme ceux qui entourent une peinture du XVIIème dans un musée. Dans ce cadre est projetée la photographie qui ouvre le livre de Pierre Creton. Imperceptiblement, elle évoluera au cours de la représentation : les personnages viendront à s’effacer pour ne laisser que l’enfant, seul. Cela adviendra de façon particulièrement ténue, chaque spectateur s’en rendra compte à un moment différent.

Un autre espace, un peu à côté, jardin ou cour : un micro sur pied, celui-là. Une boule à facettes au-dessus ? Comme un petit cabaret où les protagonistes viendront chanter, parfois maladroitement, les chansons populaires qui ont bercé leur enfance. Ces chansons, souvent un peu naïves, prendront une lumière bien différente, sous l’éclairage du traumatisme raconté.

Vincent Dussart