NOS
écrans-
VISAGES

De MONA EL YAFI

Mise en scène Vincent Dussart

 SYNOPSIS

Nisrine, Gaëtan et Léo se retrouvent chaque soir dans une salle de classe vide. Pour la première fois, Orlane les rejoint. Tous partagent un même fardeau : le harcèlement. Ensemble, ils décident de prendre la parole, de témoigner, puis de diffuser leurs voix. Les réseaux sociaux deviennent leur outil de révolte, leur arme d’action.
Mais les blessures sont profondes, et à l’âge où le regard des autres pèse de tout son poids, il est difficile de s’en affranchir. Peu à peu, ils replongent dans les violences subies – et parfois infligées – jusqu’à imaginer une issue plus radicale : grâce au téléphone et aux nouvelles technologies, inventer un visage toujours mouvant, une identité caméléon, choisie et réinventée à chaque instant.
Mais quand le virtuel déborde sur le réel, la révolte se transforme en vertige.

EXTRAIT

 » C’est comme si tu traversais tout le temps la cour. Moi, quand je traverse la cour, je suis hyper mal à l’aise. J’arrive pas à traverser la cour toute seule. Et le pire, c’est quand je dois aller dans une autre direction que les autres : pour aller au théâtre le jeudi soir c’est horrible. Je dois rentrer dans le lycée à 17h. A l’heure où tout le monde sort. Si j’arrive à être assez en avance, il n’y a personne, ça va. Sinon je suis en sens inverse de tout le monde, j’ai envie de mourir..« 

GÉNÉRIQUE

 création 2026 • TEXTE (commande à l’écriture) Mona El Yafi • MISE EN SCÈNE Vincent Dussart • SCÉNOGRAPHIE François Gauthier-Lafaye • COSTUMES Rose-Marie Servenay • LUMIÈRES & RÉGIE GÉNÉRALE Quentin Régnier  AVEC Inès Dhahbi, Arron Mata, Anna Mazzia et Eli Roy

MENTIONS OBLIGATOIRES

Production :
Compagnie de l’Arcade

Coproduction : 
MCL Gauchy, scène conventionnée d’intérêt national art, enfance, jeunesse (02)
La Manekine, Pont-Sainte-Maxence (60)

Soutien :
Le Mail, scène culturelle de Soissons, Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille, Ecole Supérieure de Théâtre de l’Union, Ecole de la comédie de St Etienne, Cité internationale de la langue française – CMN

RECHERCHE DE PARTENAIRES EN COURS

La compagnie de l’Arcade bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication / Direction régionale des Affaires Culturelles Hauts-de-France, au titre de l’aide à la compagnie conventionnée. Elle est soutenue au titre du Programme d’Activités par le Conseil régional Hauts-de-France, et par le Conseil Départemental de l’Aisne.

LIENS ET TÉLÉCHARGEMENTS
CALENDRIER

novembre 2024
création de la petite forme

décembre 2024 – mai 2025
collecte de parole en établissements scolaires (3èmes Collège Saint-Just, Soissons, Premières et Terminales Lycée Saint Vincent, Senlis, Khâgne Lycée Henri Martin, Saint-Quentin, Apprentis CFA Agricole des Hauts-de-France)

janvier 2025 – mars 2025
rencontres psys (CHU Amiens, associations psychologues Amiens & Paris)

juillet 2025
livraison du texte

septembre 2025
répétitions, première résidence, Lilas en scène, une semaine

février 2026
répétitions, deuxième résidence, Cité internationale de la langue française, Villers-Cotterêts, deux semaines
sortie de résidence vendredi 13 février à 14h30

septembre – novembre 2026
répétitions, recherche de lieux en cours

3 novembre 2026
création, Le Mail, Soissons

fin 2026-début 2027
tournée de création

été 2027
festival d’Avignon

INTENTIONS

Les adolescents d’aujourd’hui se présentent comme la première génération ayant grandi, non pas en s’adaptant à Internet comme leurs parents, mais en étant totalement imprégnés de ce nouvel outil de communication. Pour eux, la réalité ne se limite plus au tangible, et la réalité virtuelle entraîne des modifications des rapports qu’entretiennent les sujets à leur environnement, à l’autre et à soi. Il existe des cas « inquiétants », pour qui l’usage d’outils proposés par Internet peut devenir pathologique.

Aussi, plutôt que de tenter de savoir si Internet serait néfaste ou étayant, nous
proposons de tenter de questionner avec Nos écrans-visage à quoi répond, dans le
processus pubertaire, l’investissement d’un lien virtuel, préféré à une relation réelle ne
nécessitant pas l’interface d’un écran. Pour certains, l’investissement des
réseaux sociaux serait signe d’une bonne capacité d’adaptation à l’environnement,
tandis que, pour d’autres, leur utilisation s’apparenterait à un mode relationnel en
ligne, donc éventuellement illusoire. Ces deux situations, aussi opposées soient-elles,
renvoient aux caractéristiques psychiques propres à chacun, mais, également, à
cette proposition ambiguë qu’offre le net : en un seul clic, l’autre peut être sollicité
à tout instant, en même temps qu’il demeure éloigné ou maintenu à distance.

Pour le Moi adolescent, menacé par des angoisses d’intrusion et d’abandon, Internet et, plus spécifiquement, les réseaux sociaux, peuvent être particulièrement
attrayants, car ils constituent un espace transitionnel, qui permet d’aménager
l’absence et la présence de l’autre dans une dimension symbolique. La virtualisation, permise par nos écrans, possède, alors, des effets positifs, lorsqu’elle fait alterner l’investissement virtuel et l’investissement actuel de toute relation.

Dans un second registre, le recours addictif aux réseaux sociaux, s’apparenterait à
une impasse psychique, où l’image, plus généralement le virtuel, n’étayerait pas
le projet identificatoire, mais produirait, au contraire, un leurre, en rupture avec
celui-ci. L’utilisateur serait alors comme attaché à l’écran, empêchant alors le
« jeu » avec l’autre. Le sujet, branché, connecté en permanence, resterait
alors collé à l’objet. La relation virtuelle deviendrait alors appauvrissante.